Œuvre commentée : « La Terre »

Tapisserie de basse lisse (laine), carton : 1943, 267 x 330 cm.

Atelier Goubely, Aubusson, marque Goubely-Gatien dans la bordure en bas à gauche

Paris, Fondation Jean et Simone Lurçat, F.L.T. 10

Ce carton a connu quatre éditions : la première fut tissée en 1943, celle-ci est la troisième, tissée en 1946.

La tapisserie est encadrée d’une simple bordure de feuilles. Trois soleils font face à un homme nu debout sur une planète d’ondes dont le mouvement se poursuit en se transformant en une nuée d’étoiles et de comètes. Tout en haut, Saturne et son anneau semblent vouloir s’évader de la galaxie. L’homme se niche dans un buisson aux grandes feuilles aux contours acérés qui évoquent le houx, seuls ses pieds reposent sur des feuilles tendres. Un coq est perché sur sa tête, un autre est au creux de son abdomen : intellect, vision de l’avenir et nature physique se joignent. Modelée à coups de rudes battages, l’anatomie de l’homme a une chair de couleur ocre marquée de traits rouges et, plus surprenant, de passages bleu-clair et bleu profond. Dans la partie basse émerge un serpent. Confondus dans les feuillages, on distingue des papillons.

Les soleils, liés entre eux par leurs rayons de feu et de sang, recèlent en eux des éléments mystérieux en gestation.

L’Homme crée de son index pointé un rayon qui va rejoindre l’un de ceux qui sont émis par le soleil, en un échange de vie et d’énergie.

Martine Mathias